Accueil > Raconte-moi le museum >> Les collections >>> Patrimoine remarquable
|
Comme de nombreux muséums en France ou à l'étranger, le Muséum de Bourges possède un éléphant naturalisé : un mâle asiatique plutôt petit que sa restauration a rendu sans âge. Spectaculaire, certes, mais pas plus que n'importe quel autre éléphant. Un spécimen parmi d'autres, en somme... Pourtant, en 2003, le Muséum de Bourges avec le concours du laboratoire Mammifères & Oiseaux du Muséum National d'Histoire Naturelle, a pu établir que cet éléphant d'apparence si ordinaire ne l'était pas tant. En effet le spécimen du Muséum de Bourges n'est rien de moins que :
|
| HANS' STORY |
|---|
| Vers 1783 : Naissance à Ceylan. 1784 : Capturé avec une femelle (Parkie) et embarqué pour la Hollande 1786 : Arrivée des deux éléphants au port de Flessingue. Après un passage au Petit Loo, ils sont gardés au château du Het Loo, ménagerie du Stadthouder Guillaume V. Début 1795 : Occupation de la Belgique et de la Hollande par les troupes françaises. Confiscation du contenu du Cabinet d'histoire naturelle et des animaux vivants de la ménagerie du Stadthouder. 20 juin 1796 : Première tentative de transport des éléphants de La Haye vers Paris. Hans brise sa cage pour retrouver Parkie. 12 novembre 1796 : Seconde tentative de transport des éléphants. Le chariot de Hans s'accroche à la grille de fer du parc. Jussieu, à Paris, se désespère, il envisage de faire venir les éléphants à pied. 25 septembre 1797 : Troisième tentative. Cent chevaux et un détachement d'artillerie sont mobilisés. Les chariots des éléphants sont montés sur des roues d'artillerie. La plus grande partie du parcours se fait par bateau, par voie fluviale mais aussi par voie maritime (ils essuient même une tempête). 23 mars 1798 : Trois ans après la confiscation, et après six mois de voyage, Hans et Parkie arrivent enfin à la ménagerie du Jardin des Plantes. 29 mai 1798 : Concert offert aux deux éléphants par seize musiciens du Conservatoire. Au programme : Gluck, Rameau, et des airs à la mode (Ah ça ira, etc). 6 janvier 1802 : Décès de Hans d’une pneumonie. Janvier-février 1802 : Cuvier autopsie et dissèque Hans. Il en résultera diverses représentations anatomiques. Janvier 1802 - fin 1803 : Naturalisation du spécimen par Dufresne et son équipe. Utilisation d'un mannequin en bois. Juillet 1931 : Arrivée à Bourges Début 1989 : Restauration Octobre 2003 : Redécouverte de Hans. |

Un bovidé est arrivé à la ménagerie du jardin des plantes de Paris en 1871. Après sa mort, il a été naturalisé au Muséum National d'Histoire Naturelle, avant d'être confié en 1931 à celui de Bourges.
Son intitulé : « Boeuf du Cambodge, don du ministre de la marine ».
Ce n'est qu'en octobre 2003 que ce boeuf a suscité des interrogations. En effet, lors du colloque de mammalogie organisé à Bourges cette année-là, le responsable des collections du Muséum national s'est trouvé intrigué par ce boeuf ne ressemblant à aucun spécimen qu'il connaissait.
Suite à cet avis, le muséum de Bourges a décidé de s'intéresser à l'identité de cet animal. Une analyse ADN a permis d'identifier ce boeuf : c'est un kouprey de sexe mâle.
Le kouprey est une espèce de boeuf sauvage du Cambodge. Il se situait dans les forêts claires du Nord et de l'est du Cambodge, voire au-delà de ses frontières vers la Thaïlande, le Laos ou encore le Vietnam.
Aucun spécimen vivant n'a été observé depuis longtemps, il est possible que l'espèce soit éteinte.
Ce kouprey est certainement le seul spécimen naturalisé dans le monde. Seuls des trophées, peaux tannées et quelques rares photos authentifiées existent.
La comparaison avec les koupreys mâles décrits dans la littérature révèle pourtant d'importantes différences :
Les spécialistes émettent l'hypothèse que le kouprey de Bourges aurait été domestiqué au Cambodge, ce qui n'était pas une pratique connue jusqu'à aujourd'hui.