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Menaces : Les éoliennes

Dans les années 1960 on découvre les premières chauves-souris mortes sous des éoliennes. Ces espèces s’approchent en effet des machines pour des raisons diverses : recherche de nourriture ou d’un reposoir, transit migratoire à hauteur d’hélice ou simple curiosité. Les animaux tués montrent soit des traces de chocs dues à une collision directe avec les hélices, soit des lésions internes liées à des différences de pression aux environs des pales qui peuvent atteindre 250 km/h en vitesse de pointe à leur extrémité. En Europe, les Noctules et les Pipistrelles représentent l’essentiel des cadavres découverts, facteur aggravant, la plupart de ces espèces montrent un comportement migrateur et traversent les champs éoliens européens d’est en ouest deux fois par an.

Les lieux d’implantation d’un parc éolien ont un impact direct sur la faune : les plus dangereux pour les chauves-souris se dressent au sein ou en lisière de massifs forestiers, sur une crête ou un axe potentiel de transit ou de migration. La mortalité varie fortement en fonction des saisons mais aussi entre les éoliennes d’un même site. L’énergie éolienne industrielle va croître fortement dans les décennies à venir : le parc français devant ainsi atteindre 7 600 éoliennes à l’horizon 2030. Ces chiffres apportent un dernier éclairage sur les risques potentiels futurs pour les chauves-souris si aucune solution concrète pour leur protection n’apparaît d’ici là.

Pourtant plusieurs pistes ont déjà été explorées pour concevoir des systèmes d’effarouchement ou de brouillage mais aucune solution satisfaisante n’a encore été découverte pour dissuader les animaux de s’approcher des machines. D’autres projets laissent plus d’espoir, ils consistent à faire baisser la mortalité globale en limitant le fonctionnement des rotors quand le risque s’avère élevé pour les animaux. Ces limitations induiraient une perte financière estimée entre 1 et 4%. Les exploitants et les actionnaires accepteront-ils de perdre une partie de leurs bénéfices pour une cause environnementale ? On pourrait aussi imaginer la mise en place d’une veille permanente automatisée basée sur l’imagerie, les radars ou l’électronique, et ce à l’échelle de l’Union européenne. Des décisions positives prisent par quelques industriels qui soutiennent des projets d’études d’étude ou tentent de limiter les impacts laissent quelque espoir, mais il n’existe pour l’instant aucune obligation légale de tels engagements.

Facteur aggravant, de nouvelles petites machines à hélices commencent à équiper les particuliers ou les collectivités. Avec des mats bien plus courts, elles peuvent représenter un danger cette fois pour les espèces volant à basse altitude comme les Rhinolophes et l’ensemble des petits Myotis. Si la notion de développement durable est à la mode, les concepteurs se gardent bien d’évoquer un quelconque impact sur la faune. Il existe heureusement des éoliennes éco-compatibles, elles ont des hélices encastrées qui protègent les chauves-souris et les oiseaux et adoptent des formes de totems ou de tubes horizontaux.
L’éolien industriel est sans conteste un sujet sensible où se heurtent des enjeux environnementaux comme la réduction du CO2 et la protection de la biodiversité, le tout dans un contexte économique tendu. 

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