Sortie de léthargie

L'hibernation des chauves-souris touche à sa fin.Si le temps est doux, dès la mi-mars, les chauves-souris reprennent leurs activités de chasse à la poursuite des rares insectes.
Les pipistrelles qui se sont réfugiées sous les toitures des maisons et les espèces arboricoles sont les premières à émerger de leurs abris.
Les espèces cavernicoles ne sont que peu touchées par ces remontées temporaires du thermomètre et, le plus souvent, c'est courant avril qu'elles quitteront les carrières souterraines profondes et les caves où elles se sont réfugiées. Parmi les espèces du centre de la France, les dernières à quitter le monde souterrain, où elles ont passé près de 6 mois, seront les Vespertilions à oreilles échancrées. Début mai, 30% à 50 % des populations de cette espèce spécialisée dans la capture d'araignées et de mouches, sont encore profondément endormis.
Les premiers vols printanniers ne sont pas sans danger et les individus les plus affaiblis par un aussi long jeûne seront les premiers touchés. Un mauvais choix du gîte d'hibernation lié au manque d'expérience, des réveils intempestifs au cours de l'hiver, ou de mauvaises chasses sont les causes les plus fréquentes de cette mortalité post-hivernale. Très amaigries, ayant épuisé leurs dernières ressources, ces chauves-souris s'accrochent le long d'un mur ou d'un arbre, parfois en pleine lumière, ou se posent sur le sol incapable de redécoller. Si vous observez des animaux dans ces conditions atypiques et qu'au matin suivant elles sont toujours sur place, placez les délicatement, sans les manipuler à mains nues, dans une boîte bien fermée et contactez un membre du réseau chauves-souris.