Fermeture des mines : un avenir sombre pour les chauves souris


minesL’éditorial du numéro de novembre 2007 de "La Barbastelle", la revue de Chauves-souris Auvergne, tire la sonnette d’alarme sur un problème qui menace les chauves-souris vivant dans les mines.
Ces sites servent année après année de lieu d’hibernation, de reproduction ou de repos durant les périodes intermédiaires. Les chauves-souris auvergnates ne sont malheureusement pas les seules touchées, des milliers d’individus sont concernés par l’obturation des entrées des mines dans le but sécuritaire d’éviter toute pénétration humaine. Dans le pire des cas, les entrées sont condamnées hermétiquement par des bouchons de béton ou foudroyées par explosion, situation devenant réellement catastrophique car définitive lorsque les animaux sont à l’intérieur.
La plupart des régions de France sont aujourd’hui confrontées au même dilemme : comment obtenir auprès des gestionnaires, la conservation d’un accès aux chauves-souris sur des mines mises en sécurité ? Si certaines peuvent être devenues réellement dangereuses suite à leur abandon, la volonté actuelle de sécuriser de manière systématique est très inquiétante, surtout au moment où les enjeux sur la biodiversité semblent devenir une préoccupation majeure. Que restera-t-il en effet à terme comme gîtes pour les Chiroptères dans les régions où le réseau minier constitue l’essentiel des cavités?
Dans le meilleur des cas, et après d’âpres négociations, un petit accès est parfois laissé aux Chiroptères, et si quelques espèces acceptent ces modifications, d’autres, comme les Minioptères, ne peuvent s’y adapter et quittent les lieux définitivement. Ces rétrécissements des entrées ont un autre effet indirect néfaste pour les naturalistes, ils empêchent tout contrôle des cavités pour des suivis de populations. Comment connaître alors l’évolution et le bon état des populations de chauves-souris ? Plus grave, suite aux rétrécissements des accès, les conditions internes du gîte en hygrométrie et en température peuvent être modifiées et rapidement entraîner la désertion du lieu par les animaux.
Il y a de quoi réellement être inquiet quant à l’avenir des espèces cavernicoles françaises et après les mines, aura-t-on l’idée de sécuriser hermétiquement les carrières souterraines, voire les grottes naturelles?