100 colonies de reproduction de Sérotines communes ont été recensées dans le département du Cher en 20 ans.
Ces grandes chauves-souris sombres s’installent essentiellement dans des combles chauds sous ardoise ou au sein des isolations et des placoplâtres des combles des maisons individuelles. Les femelles, très fidèles, reviennent chaque année courant avril dans les mêmes greniers pour mettre bas puis élever leur petit.
Cette espèce, très commune, n’est toutefois guère étudiée en France et le muséum de Bourges a décidé de mettre en place un vaste suivi des colonies qui durera deux ans. Dès ce printemps, une étudiante en master de l’Université de Poitiers, Erelle Lavilaugouet, va suivre ces 100 maternités pendant trois mois pour mieux cerner l’évolution des populations départementales et tenter de comprendre les éventuels échanges qui peuvent survenir entre les individus des colonies géographiquement proches. Si on connaît assez bien le régime alimentaire de l’espèce, très dépendante des hannetons, et les déplacements de chasse, souvent inférieurs à trois kilomètres, on en sait très peu sur les transferts d’individus entre colonies voisines.
Un laboratoire de l’AFSSA de Nancy, se joindra au muséum dans une seconde phase d’étude en 2009 pour essayer de lever un autre mystère, celui de la retransmission d’EBL1, un virus européen qui tue parfois les Sérotines et dont on ne comprend pas le mode de retransmission chez cette espèce. Erelle donnera ses premiers résultats 2008 directement sur le site au cours de ces trois mois.
La Sérotine commune souvent victime des chats, est après la Pipistrelle commune l’espèce qui arrive le plus souvent au centre de soins chauves-souris du muséum de Bourges et certains individus, incapables de retourner dans la nature, y ont été hébergés plusieurs années de suite. Ces pensionnaires au long court nous ont laissé un excellent souvenir. |